Albert Amberg, la tragédie d’un Malgré-Nous

 

De nos jours, pour beaucoup de Français le terme « Malgré-Nous » signifie peu de chose…
Après l’armistice de Rethondes, signé le 22 juin 1940, l’Allemagne annexa trois départements français : le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle. Le gouvernement de Vichy resta muet. Pour la seconde fois, l’Alsace-Lorraine était abandonnée au Reich…
Jusqu’en 1942, l’Allemagne incita les Alsaciens-Lorrains à s’engager dans la Wehrmacht ou la Waffen SS , mais sans succès. Ils furent moins d’un millier à se porter volontaires (pour la plupart des fils de fonctionnaires allemands).
Mais le 25 aout 1942, le service militaire devint obligatoire en Alsace et en Moselle. Dès la mi-octobre 1942, les premiers trains quittent les gares. Ils sont encerclés par la Gestapo afin d’empêcher les Malgré-Nous de s’échapper et de manifester.
La plupart de ces hommes furent incorporés dans la Wehrmacht, mais certaines classes furent versées automatiquement dans la Waffen SS. En tout 100 000 Alsaciens et 30 000 Mosellans se retrouvèrent incorporés de force dans l’armée allemande, pour la plupart envoyés sur le front de l’Est. Les soviétiques n’avaient, dans leur grande majorité, pas connaissance du drame de l’Alsace-Moselle et traitaient ces hommes comme des Allemands (exécution sommaire, humiliation etc). Beaucoup de prisonniers Malgré-Nous furent envoyés au camp de Tambov.
Parmi ceux qui furent faits prisonniers par les Anglo-saxon, un grand nombre  s’engagea dans l’Armée de Libération. D’autres n’hésitèrent pas à rejoindre le maquis. Les moins chanceux terminèrent la guerre dans des camps de prisonniers outre atlantique.
Après la guerre, les Malgré-Nous furent incompris et parfois considérés par certains comme sympathisants nazis, collaborateurs ou confondus à tort avec des volontaires de la Division SS Charlemagne. Il est bon de rappeler que les familles des Malgré-Nous qui avaient déserté ou seulement essayé de le faire, furent systématiquement déportées…
Le tribut payé par ces hommes a été de 24 000 morts au front, 16 000 morts dans les camps russes (10 000 pour le seul camp de Tambov) et 30 000 blessés ou infirmes.
Le dernier Malgré-Nous libéré est Jean-Jacques Remetter, retourné chez lui en 1955.
Albert Amberg
Albert Amberg est né le 12 mai 1923 à Moyeuvre-Grande en Moselle. Il est le second d’une famille de six enfants dont le père Aloïs est un vétéran de la Grande Guerre.
En 1935, la famille Amberg déménage à Hayange et Albert y trouve, quelques années plus tard, un travail à la mine comme conducteur hippomobile.
Quand la guerre éclate en septembre 1939 aucun membre de la famille n’est incorporé. En 1940, ils subissent de plein fouet  l’annexion de la Moselle. Lors du discours du Gauleiter Burckel, le 29 aout 1942 à l’Hôtel des Mines de Metz, le service militaire devient obligatoire en Moselle. De ce fait, Albert et son frère Basile sont incorporés  dans le RAD pour une durée de 3 mois. Albert effectue son service du 8 octobre 1942 au 30 décembre 1942. Durant le mois de janvier 1943, il retourne chez lui pour une permission d’un mois.
Le 6 février après un long trajet en train, il arrive à Budweis (České Budějovice, actuellement en République Tchéque) pour commencer son instruction militaire dans l’Infanterie-Geschütz-Ausbildungs-Kompagnie 10.  Le 12 février 1943, est ouvert son soldbuch. Il perçoit par la même occasion la 5555e plaque d’identité de l’unité. Son marquage est : I.G.Ers.Kp.10 /  5555 / 0.
Durant son instruction qui va durer environ 3 mois, Albert se retrouve avec d’autres compatriotes, une quarantaine de Mosellans. Du fait de leur incorporation tardive, ces lorrains sont plus âgés que les autres recrues allemandes. Entre eux, ils ne parlent que le français ce qui agacent fortement les soldats d’outre-Rhin.
La 10e compagnie est sous les ordres du lieutenant Koning. Les jeunes soldats assimilent les vieilles pratiques de la guerre. Ils vont apprendre à creuser des trous d’hommes, des tranchées, à soigner les chevaux, à se servir de toutes les armes allemandes (K98, MP40 ...), à lancer des grenades… Albert sera formé plus particulièrement au maniement du petit canon 7,5-cm-leichtes Infanteriegeschütz 18. Les recrues s’initient aussi au drill prussien et font de longues marches en entonnant des chants militaires.
Le samedi après midi, ils ont quartiers libres jusqu’à 22 h et ils en profitent pour aller au cinéma.
L’instruction militaire terminée, les soldats reçoivent une permission de quinze jours. Durant la période du 8 au 23 mai, Albert retourne à Hayange et retrouve les siens.
Le 26 juin 1943, Albert est incorporé dans la 2e compagnie du  282e régiment d’infanterie de la 98e Infanterie-Division. Le 19 août, il est muté au Stab I/Grenadier-Regiment 282. A cette époque cette unité, qui vient de subir de lourdes pertes aux portes de Moscou durant l’hiver 41-42, est envoyée dans le Sud du front de l’Est. Là elle prend part aux campagnes de Kouban et de la Crimée au cours desquelles elle se distingue. Les soldats de cette unité sont dotés d’équipements et de tenues tropicaux.
Albert se souvient très bien des nuits très fraîches mais aussi des chaleurs extrêmes dans cette région d’Europe. Il en témoigne : « Certains soldats s’évanouissaient à cause des chaleurs, mais le soir nous dormions serrés les uns contre les autres tellement nous grelottions ».
Les repas sont assez maigres. Les soldats allemands reçoivent de la soupe et le soir une tranche de saucisson à l’ail en prime. Le malgré-nous se débrouille auprès des alliés italiens pour garnir son beurrier de saindoux et agrémenter son repas de pattes.
C’est dans cette région d’ailleurs qu’il va attraper le Paludisme. Le 23 août, il est hospitalisé au Kriegs-Lazarett 2/606 à Melitopol pour la malaria. (Dans son soldbuch, le paludisme est marqué sous le code 9 à la page 12).  Il sort de l’hôpital le 9 septembre et se dirige vers Yalta. Le rouleau compresseur soviétique avance, le 24 octobre Melitopol tombe aux mains des Russes.
De Yalta, Albert garde en mémoire la visite du palais de Livadia où il admire la beauté de l’architecture. C’est dans ce haut lieu que se tiendra en février 1945 la célèbre conférence de Yalta pour le partage de l’Europe.
Albert correspond avec son frère Basile tout au long de la guerre. Celui-ci vient d’effectuer son RAD du 16 février au 12 mai et depuis le 6 juin 1943, il est incorporé dans le 4.(Maschinengewehr) Kompagnie/Grenadier-(Feld) Ausbildungs-Regiment 720.
Premiers affrontements
Le 31 octobre 1943, les soviétiques lancent une opération dans l’Est de la péninsule de Crimée. Albert connait son premier baptême du feu près de Kertsch. Il gardera toujours le souvenir atroce du premier tué : «  Il s’agissait d’un soldat allemand qui venait d’être éventré par un obus, il s’était vidé de ses organes comme on vide un cochon à l’abattoir ! »
Début novembre, son unité subit de plein fouet un bombardement naval. Albert est blessé le 2 novembre à l’omoplate droite par un éclat d’obus. Le 5 il est cette fois-ci blessé à l’annulaire gauche, toujours par des éclats d’obus. Le 12, il reçoit un éclat dans le genou gauche. Pour ces nombreuses blessures, le badge d’argent  des blessés lui est décerné le 28 novembre 1943.
Les combats font rage autour de Kertsch. De nombreux soldats sont blessés ou tués. L’officier commandant la compagnie, n’est autre que le frère du cardinal de Baviére, Michael von Faulhaber. Très croyant et très pratiquant, il n’autorise aucune exaction et humiliation sur les prisonniers russes. Albert se porte volontaire à plusieurs reprises pour aller chercher les blessés malgré les tirs ennemis. En échange de chaque soldat ramené, le brancardier lui offre un verre de Schnaps ! Ce qui procure un réconfort au mosellan en ce début d’hiver. En sauvant un de ses camarades grièvement blessé, celui-ci arrache de sa vareuse sa plaque de Crimée et l’offre à Albert en remerciement. Pour ces actions héroïques, le soldat Amberg est décoré de la croix de fer 2e classe, le 2 décembre 1943.
Pendant une attaque, il fait prisonnier, un vieux soldat russe barbu, qu’il surnommera «  Raspoutine ». Ce captif restera plusieurs semaines au sein de la compagnie, il y travaillera comme auxiliaire de la Wehrmacht, notamment dans la préparation des repas avant d’être envoyé à l’arrière dans un camp de prisonnier.
Suite au nombreuses offensives et contre-attaque auxquels Albert participe depuis le début novembre, l’insigne d’assaut d’infanterie lui est décerné le 22 décembre.
Le 1er janvier 1944, Albert est promu gefreiter. A plusieurs reprise, on lui proposera de rejoindre une école de sous officiers, il refusera toujours. Il est transféré dans le Stab II / Grenadier Regiment 282. Pendant cette période, il se lie d’amitié avec son Unteroffizier, un allemand du nom de Heinz Porath et un autre malgré-nous mosellan, Raymond Borr.
En ce début d’année, Albert apprend une triste nouvelle. Son cousin, Charles Amberg originaire d’Epfig en Alsace est tué sur le front russe à Schimsk le 22 janvier 1944.
Le 5 mars, le mosellan est hospitalisé d’urgence au Armée-Feld-Lazarett à Odessa pour la Malaria. Son état étant critique, il est transféré trois jours plus tard au Reserve-Lazarett de Marienburg (Pologne). Il y restera jusqu’au 30 mars 1944. Albert apprendra plus tard, par des lettres de son frère que celui-ci a été soigné dans le même hôpital à la même période pour une blessure par balle à la main droite.
Début avril, Albert retourne sur le front. Son régiment subit de lourde perte. Le 282e régiment d’infanterie est encerclé sur la presqu’île de Crimée. Après une résistance acharnée, le reste de l’unité est évacué de Sébastopol par la mer et les airs. Le mosellan découvre l’avion pour la première et dernière fois de sa vie. Après avoir quitté cet enfer, Albert reçoit une première permission du 19 avril au 2 mai. Son unité étant dissoute et au vu des nombreuses décorations, il retourne en permission le 20 mai 1944. Suite à ses séquelles du au Paludisme, Albert est transféré à l’hôpital de Thionville le 5 juin. Après une hospitalisation qui va durer jusqu’au 6 juillet, il est transféré dans un centre de repos à Lorquin (Moselle). En compagnie d’autres soldats malades, il effectue des travaux agricoles. C’est pendant sa convalescence, qu’il va faire la connaissance de Marie, sa future épouse.
Le 2 aout, Albert quitte Lorquin. Il reçoit sa dernière permission qui va durer jusqu’au 14 aout. La propagande allemande camoufle la réussite du débarquement allié en Normandie. Le mosellan ne cherche pas à déserter de peur des représailles contre sa famille. De plus son troisième frère Lucien, vient d’être incorporer dans le RAD. Il le regrettera plus tard car Hayange sera libéré par la 90th D.I. US le 10 septembre 1944…
De retour au front, il est incorporé dans sa nouvelle unité, l’Infanterie-Nachrichten-Ersatz-Kompagnie 231. Le 27 août 1944, il est muté à la Stabs-Kompagnie / Grenadier-Régiment 1123. Ce régiment appartient à la 558e Grenadier-Division. Elle est baptisée «  Speerdivision » par l’état major allemand en référence au ministre de l’armement, Albert Speer. Les soldats de cette unité sont équipés des meilleures armes (Sturmgewehr, Panzerschrek etc…). Cette division est mise sur pied en juillet 1944 et transformée peu après en Volksgrenadier-Division. Elle est affectée au secteur central du front de l’Est. La division va combattre essentiellement en Pologne. Dans sa nouvelle unité, le Mosellan retrouve ses deux camarades Heinz et Raymond.
Depuis plusieurs semaines, Albert ne reçoit plus de nouvelles de son ainé Basile. Il ne le sait pas encore, mais le Grenadier-Regiment 413, l’unité de son frère vient de subir de plein fouet l’opération Bagration.  Basile, ainsi que tout son régiment ont été capturé dans la poche de Vitebsk, près de Smolenks en Biélorussie.
Le 27 septembre 1944, alors que le Grenadier Regiment 1123 combat à Sudauen (Suwalki, dans l’actuelle Pologne).  Le gefreiter Amberg est blessé au genou droit. Il est soigné sur le front. Le régiment réussie à repousser les nombreuses offensives soviétiques. C’est dans ce secteur, que le mosellan ainsi que ses camarades passeront Noël.
Fin de l’année 1944, un officier réquisitionne le mosellan pour une mission. Les deux hommes doivent s’approcher aux plus prés des lignes soviétiques afin de prendre des renseignements sur les positions ennemis. L’officier se fait tuer d’un éclat de mortier à la gorge. Le malgré nous récupère sur le corps du défunt le porte carte, le P08, les jumelles et la plaque d’identité. Arriver à l’état major, il remet les documents ainsi que les objets. On lui annonce qu’il peut garder les jumelles et le pistolet.
Début 1945, Albert décide de reprendre son petit carnet noir qu’il avait commencé 2 ans plutôt à Budweis. Il y note les informations relatives aux fronts, les noms des villes et les adresses de ses camarades.
A partir de cette date, le Grenadier-Regiment 1123 se bat essentiellement dans la région des Lacs de Mazurie en Prusse Orientale. Le 21 janvier 1945, Albert est à Allenstein (Olsztyn). La ville subit de rudes combats. Dans un trou d’obus, pendant les affrontements, le malgré-nous croise un Hitlerjugend, il veut le faire évacuer avec les civils. Mais l’adolescent fanatique refuse car il a prêté serment au Führer. Il se fera tué quelques minutes plus tard. Le lendemain la ville tombe aux mains des soviétiques. Le régiment fait route vers Gross Wartenberg (Sycow).
Début février 1945, la 558e V.G.D. combat dans le secteur d’Heiligenbeil (Mamonovo). Cette division ainsi que d’autres unités sont encerclés depuis le 26 janvier.
Le 8 février 1945, les soldats sont dans une maison. Ils viennent d’y passer la nuit et font leurs packages pour se remettre en route. Il est 8 heures du matin, Albert vient de faire tomber son paquet de cigarette, il s’accroupie pour le ramasser. Soudain, l’artillerie soviétique pilonne la maison. Quand le calme est revenu, tout est débris et poussières de plâtre. Albert s’en sort miraculeusement indemne ainsi que deux autres soldats. Son ami Raymond a eu moins de chance, il hurle de douleur, il a été grièvement blessé. Albert le porte sur son dos et le met sur un T-34 de prise pour qu’il soit évacué rapidement vers l’hôpital de campagne. Raymond lui donne sa montre et lui demande de la remettre à ses parents. Albert note soigneusement dans son carnet la date à laquelle il a été blessé.
Fin février, la compagnie d’Albert est encerclée dans le secteur de Plauten. Les soldats reçoivent l’ordre d’arracher les photos de leurs soldbuch, afin que les soviétiques ne repèrent pas les soldats qui ont été décorés en cas de reddition de l’armée allemande. Les officiers demandent des volontaires pour faire une percée à travers une ferme où sont retranchés les russes. Heinz qui est devenu Feldwebel se porte volontaire et demande à son ami mosellan de le suivre. A la tombé de la nuit, une quinzaine de volontaire du 558e V.G.D. attaquent la ferme à l’aide de mitrailleuses et de grenades. Par chance, les soldats de l’armée rouge sont ivres et ne peuvent se défendre, il n’y aura aucun tué ou blessé chez les allemands. Albert, Heinz et leurs camarades sont décorés de la croix de fer 1ère classe. Le 1er mars 1945, le Malgré-Nous est promu Obergefreiter.
Fin mars, la 558e V.G.D. participe à la grande bataille du Haff. Cette bataille coutera la vie à des milliers de soldats. Elle va durer 8 jours. Pendant cette terrible bataille, Albert gagnera sa dernière décoration, la Nahkampfspange, mais les officiers ne la noteront jamais dans son soldbuch par manque de logistique sans doute. Depuis plusieurs soirs, Albert ainsi que d’autre malgré-nous entendent en français les hauts parleurs soviétiques demandant aux Alsaciens-Lorrains de se rendre en échange d’un traitement de faveur. Albert se méfie car il a bien remarqué pendant les corps à corps que les russes, pour la plus part des mongols illettrés sont souvent imbibés d’alcools. Un matin, cinq de ses compatriotes décident de tenter le coup, le Mosellan refuse. Les malgré nous, se déséquipent et lèvent les bras en annonçant le mot de passe qu’ils ont reçu la veille «  Adel Priatel ». A peine, ont-ils franchi les lignes russes, que les français sont massacrés à coup de crosse de Mosin-Nagant. Albert qui a suivie le déroulement de la scène avec ses jumelles, se jure de ne jamais se rendre aux russes.
Dans les derniers jours, Heinz facilite le transfert d’Albert en lui fournissant une fausse plaque de Feldgendarme. Cet action va lui sauver la vie car très peu de soldat de sa compagnie s’en sortiront. Les deux camarades quittent l’enfer du Haff le 26 mars 1945 à 16h45.
Ils arrivent à Pillau (Baltiisk) le lendemain à 7h15. Les combats continuent dans cette ville, la Wehrmacht est en débandade. Leur unité étant dissoute, les deux hommes rejoignent un Kampfgruppe appartenant au Grenadier-Regiment 84. Le 21 avril 1945 à 6 h du matin, Albert est grièvement blessé à l’avant bras gauche par un éclat d’obus. Par chance, il est évacué sur le dernier bateau, le Mathias Stinnes. Le bateau est rempli de civils et de soldats blessés. Sur place, le mosellan offre un pot de confiture qu’il avait eu soin de garder à une grand-mère et à ses petits enfants affamés.
Le Mathias Stinnes arrive sur la presqu’île d’Hela (actuellement en Pologne) le 22 dans la nuit. Hela est devenus un vrai « Dunkerque », les soldats dorment sur la plage dans des petits bivouacs et reçoivent l’ordre de détruire leurs armes. Albert abandonne son fusil avant de retourner sur le Mathias Stinnes. Le bateau arrive au Danemark le lendemain.
Sur place, Albert ainsi que les autres soldats attendent la fin de la guerre, mais refuse de se rendre à la résistance danoise. Le 8 mai 1945, les soldats de la Wehrmacht donnent leur capitulation à l’armée anglaise. Les britanniques, très fair-play, demandent juste les munitions et laisse les armes aux allemands. Ainsi Albert est libéré avec son P08 !
Le mosellan attends son transfert en France dans un camp de prisonnier. Mais sa blessure du bras gauche s’étant fortement infectée, il est pris en charge par la croix rouge danoise et hospitalisé dans l’hôpital militaire 1/532 d’Hobro. Il évitera de justesse l’amputation grâce au bon soin du docteur Pribert. Pendant ce temps, l’organisme humanitaire prévient sa famille par courrier.
Le 28 juillet 1945, s’étant remis de sa blessure, Albert est transféré dans la ville portuaire d’Aalborg. Quelques jours plus tard, il quitte définitivement le Danemark en bateau pour les Pays-Bas. Sur place, il rencontre d’autre malgré-nous qui se dirigent vers la France. Les Alsaciens-Lorrains décide alors de dénazifié leurs uniformes  et teintent leurs vareuse en marron. Dans le train qui le conduit en France, Albert  se fait volé son casque, sans doute par un anglo- saxon avide de trophée.
Arriver en France le 3 septembre, les Malgré-Nous sont conduis directement à Châlons-sur-Saône pour un interrogatoire. Ils sont très mal accueillis par les militaires français. Albert se fait extorqué son pistolet et ses jumelles par un officier français. L’interrogatoire consiste a repéré les prisonniers allemands parlant français, les volontaires de la Charlemagne et les motivations de non-désertions de la Wehrmacht. On reproche notamment au mosellan d’être retourné sur le front le 14 aout 1944 alors que les américains étaient aux portes de Paris ainsi que ses nombreuses décorations allemandes. Après son interrogatoire, il reste 20 jours en convalescence dans un hôpital de Chalons à cause de sa blessure.
Albert est enfin libéré, il arrive à Metz le 27 septembre 1945. Le lendemain, il retrouve sa famille, son frère n’est toujours pas rentré de la guerre. Quelques semaines après son retour, il se dirige vers Sarreguemines pour remettre la montre comme promis aux parents de Raymond et prendre des nouvelles de son camarade. Il apprend par la famille que son ami est mort quelques heures après son transfert dans le Feld-Lazarette 251 d’Heiligenbeil. Il repose aujourd’hui dans le cimetière de Mamonovo.
En 1946, lors d’une rencontre sportive, le nom du malgré-nous est cité à l’haut parleur. De suite, un joueur se dirige vers Albert et lui déclare qu’il était prisonnier avec son frère Basile. Il annonce la triste nouvelle que son aîné est décédé de la dysenterie en 1945.  Après la chute du communisme, la famille Amberg apprendra en 1999 que Basile a été transféré au camp N°188 de Tambov. Il décéda à l’hôpital de Kirsanow le 29 aout 1945. Depuis 2006, des membres de la famille Amberg se sont recueillis à plusieurs reprises sur la tombe de Basile. Son cousin Charles repose au cimetière de Korostyn. Les 3 frères d’Albert auront plus de chance et seront placer dans des régiments plus calmes. Ces unités étaient composé exclusivement de recrues ayant déjà payer un tribu à la France (fils de déporté, neveu de résistant fusillé etc…).
A son retour de la guerre, Albert est obligé d’abandonner son poste à la mine à causes de ses nombreuses blessures. Il devient jardinier. Albert épousera Marie le 10 février 1947. De cette union naitront deux fils. Il terminera sa carrière de jardiner en 1978.

Après la guerre, il reverra à plusieurs reprises son ami Heinz. Albert décède le 24 septembre 2004.

 


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Lucien
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