Un artilleur sur tous les fronts


Durant la Grande Guerre, il était peu commun qu’un Poilu ait servi sur tous les fronts, Pierre Gamin fait partie de ceux-ci.

Pierre Gamin est né le 28 juin 1895 à Sainte-Menehould dans le département de la Marne. Dès son plus jeune âge, il apprend le métier de bourrelier, comme son père.

Suite à la déclaration de guerre, le 3 août 1914, il est incorporé dans le 25e régiment d’artillerie, le 10 décembre 1915. Auparavant,  il aura a effectué son instruction militaire en tant que conducteur, au sein de la 77e batterie du 25e R.A. à Rennes, et ce, du 18 décembre 1914 au 1er mai 1915.

Dans un premier temps, il reçoit l’instruction à pied puis il est formé à l’utilisation de l’armement individuel comme le mousqueton 1892 ainsi que des pièces d’artilleries telles que le canon 75 mm mdl 1897 et le 65 mm de montagne. Ensuite l’artilleur reçoit l’instruction équestre, celle-ci consistant à connaitre les bases de l’équitation et de la conduite des attelages.
Le 16 janvier 1915, on injecte au jeune marnais divers vaccins dont l’anti typhoïdique. C’est au moment de son instruction que Pierre Gamin achète deux pipes en bois qu’il gardera précieusement tout au long de la guerre. Son instruction ayant pris fin au 1er mai 1915,  les hommes de la 77e batterie effectuent alors une série de manœuvres durant plusieurs semaines.

Ce n’est que début juillet que son unité est mise en route vers Marseille. Les artilleurs établissent leur cantonnement dans le parc de l’exposition (actuel parc Chanot) pendant deux jours avant d’embarquer vers l’Orient. Le voyage en mer va durer une dizaine de jours.

Le 29 juillet,  les hommes de la 77e batterie arrivent sur l’île de Lemnos, devenue grecque en 1912. Les artilleurs débarquent dans la baie de Moudros où ils vont devoir bivouaquer au camp Pretoria, situé à proximité du village de Lychna. Le jeune Marnais va rester sur l’île jusqu'à la mi-août. Pendant cette période, il correspond avec ses parents et commence à leur envoyer des petites fleurs, qu’il fait sécher avant de les joindre à son courrier. Pour passer le temps, Pierre décide de graver sa première pipe : «  Campagne 14-15 PG (ses initiales) Lickna (phonétiquement) Rennes ».

Les Dardanelles

Le 20 août 1915, les hommes de la 77e batterie débarquent à l’entrée des Dardanelles,  à Sedd-ul-Bahr, en Turquie Occidentale. Le village est en ruine, suite aux bombardements, combats et débarquement des Alliés du 25 avril. Pierre grave alors sa seconde pipe « Dardanelles 20 août 1915 », et  il sculpte aussi un petit croissant et une étoile. A ce moment, les artilleurs de la 77e batterie rejoignent ceux de la 42e batterie qui sont déjà en position depuis le 26 mai. Les combats sont terribles, l’ennemi turc résiste mieux que prévu. La liste des victimes s’allonge, sans compter la chaleur écrasante de l’été. Les troupes françaises sont touchées par la dysenterie, la malaria ainsi que la soif, les insectes et les rats.

Le 4 septembre, Pierre Gamin est transféré dans la 42e batterie. Cette unité se trouve sous les ordres du capitaine André Bourlet, fraîchement promu le 19 août.
Le 6 septembre, les artilleurs subissent de plein fouet un bombardement venant du fort de Chanak (actuellement Canakkale), situé sur la rive asiatique du détroit des Dardanelles. Les conducteurs Dubart, Letargez et Mats, chargés de la corvée de ravitaillement, sont tués sur le coup, faute de pouvoir se mettre à l’abri.
Le 9 septembre, la batterie reçoit l’ordre de changer de position. En effet, depuis des semaines, celle-ci était stationnée près de la côte 236 à proximité du Kereves Dere (le ruisseau des écrevisses). Dès lors, elle devient batterie d’infanterie et se positionne entre la route du village de Sedd-ul-Bahr et de la ville de Krithia (actuellement Alçitepe), à proximité de la ferme Zimmermann.
Le 15 septembre, plusieurs fantassins turcs sont faits prisonniers. Pierre Gamin prélève alors sur les soldats captifs plusieurs trophées. Il récupère ainsi une boucle turque, marquée de sa devise en arabe, qu’il ajuste à son ceinturon modèle 1903, un ceinturon d’officier, modèle avec un ardillon et une boucle troupe lisse ersatz. Le Marnais grave « Souvenir de la bataille de Turquie, 15 sept. 1915, PG »  sur la boucle lisse, qu’il adapte ensuite au ceinturon d’officier.

Le 30 septembre, la 42e batterie du 25e R.A. reçoit l’ordre de repli vers une destination inconnue.
En effet, depuis le 25 avril, la bataille de Gallipoli est un échec. Les Alliés n’ont pris que quelques kilomètres à l’intérieur des terres. Les deux objectifs principaux du Cap Helles, Keveres Dere et Krithia n’ont pas abouti et sont restés aux mains des Turcs malgré plusieurs offensives. La retraite devient alors impérative d’autant que les combats tournent à l’avantage des Turcs. De surcroît, ceux-ci  ont l’avantage d’avoir de l’artillerie lourde à longue portée. En outre la situation s’aggrave dans les Balkans, avec l’entrée en guerre de la Bulgarie aux côtés de l’Allemagne. Le retrait des Alliés de la péninsule de Gallipoli devient donc nécessaire.

La Grèce et la Macédoine

Toute la nuit du 30 septembre, les artilleurs embarquent par petits groupes sur divers bateaux. Le 1er octobre à 6h du matin, le régiment quitte définitivement les Dardanelles.

Le 3 octobre, les hommes reviennent dans la baie de Moudros sur l’île de Lemnos. Ils prennent connaissance de leur prochaine destination vers Salonique en Grèce. Le même jour à 21h, la quasi-totalité de la batterie embarque à bord du navire l’Australien.
Le 5 octobre à midi, le navire arrive à Salonique. Les hommes rejoignent alors le camp de Zetenlik. Jusqu’au 13 octobre, les hommes préparent le matériel et la batterie est reconstituée. Pierre Gamin complète la gravure de sa deuxième pipe en ajoutant « Salonique ».

Le 15 octobre, à 13 h, la 42e batterie quitte Zeitenlik et se dirige vers la Serbie, en train.
Le 17 octobre, les artilleurs font une halte à Guiévguéli (actuel Guevgueliya) et repartent, de nuit en direction de Stroumitsa. Le lendemain, en fin de soirée, la batterie se positionne sur la route du village en direction du lac Doiran, non loin de Dodeli.
Le 28 octobre, le 25e régiment d’artillerie subit son premier bombardement, en Macédoine, par chance, il n’y a aucune perte à déplorer.
A la fin du mois d’octobre, le régiment est remplacé par le 17e R.A et se dirige dans le secteur de Piravo. Les artilleurs s’installent dans les ruines du village.  Pierre grave une dernière fois sur sa pipe « Serbie ».

Les 10 et 20 novembre, la batterie essuie deux bombardements de l’artillerie bulgare. Aucune perte n’est à déplorer, mais des dizaines de chevaux sont tués et le matériel subit beaucoup de dommages.
Le 7 décembre, les hommes reçoivent l’ordre de faire mouvement vers Rabrovo, en vue d’un repli général.
Trois jours plus tard, la batterie est à découvert dans le secteur de Smokvica sur les bords du Vardar. Dès le début de la journée, la batterie endure une série de rafales successives provenant de l’artillerie ennemie. A 15h30, le capitaine André Bourlet est mortellement blessé. Le soir même, à minuit,  Pierre Gamin et ses camarades rendent un dernier hommage à leur officier, qui les commandait depuis la campagne de Gallipoli et qu’ils appréciaient beaucoup.

Le lendemain, les artilleurs se positionnent sur la côté 60 et effectuent un tir sur l’infanterie bulgare, permettant l’arrêt de la progression ennemie.
Afin d’éviter un double échec, suite au désastre de Gallipoli et ainsi garder l’accès à un port en Orient, le 12 décembre 1915, l’armée française reçoit l’ordre de repli sur Salonique. Cependant, dans le secteur de Karasouli, la batterie est victime des marécages, les voitures et les canons restent embourbés. Les hommes peinent à traverser la région.

Fin décembre, la 42e batterie du 25e régiment d’artillerie arrive enfin à Salonique.
Durant quatre mois, l’armée française s’enterre autour de Salonique. Elle va, tout d’abord  fortifier le camp retranché sur une ligne de front de 40 kilomètres, en y creusant des tranchées et des boyaux. Les troupes prennent également l’initiative de construire des abris bétonnés, protégeant le tout par un réseau de barbelés. Par la suite, les Anglais feront de même à l’Est de Salonique. Ces fortifications font suite à une appréhension des Alliés, qui s’attendent  à une offensive des Bulgares. Mais ceux-ci ne feront rien, et ce,  afin d’éviter que la Grèce, encore neutre, ne rejoigne le camp des Alliés. Les Français doivent donc s’occuper comme ils le peuvent et tentent de donner aux Grecs une bonne image de la France. C’est dans ce but qu’ils décident d’ouvrir des dispensaires, des hôpitaux ainsi que des écoles. Les médecins militaires soignent les civils grecs mais aussi ceux qui fuient les combats de Macédoine. Les Français effectuent plusieurs missions archéologiques, notamment lors des travaux du camp fortifié, où ils découvrent des ruines antiques, au centre ville de Salonique et autour de la porte d’Alexandre. D’un point de vue économique et pour faciliter le ravitaillement, les Français vont assécher des marécages, canaliser le Vardar et commencer de grands jardins afin d’y cultiver des céréales, des légumes et des fruits.

C’est pour cette raison et à partir de ce moment, que Clémenceau surnommera ironiquement ces Poilus «  Les jardiniers de Salonique ». Pendant cette période, le jeune Marnais en profite pour se confectionner une canne en bois où il grave ses initiales et l’année 1916. Printemps 1916, les Français décident de reprendre l'offensive afin de soulager le front de Verdun. Ils vont se déployer au Nord de Salonique sur l'actuelle frontière greco-macédonienne en direction du Lac Doïran.

Le 1er mai, la 42e batterie reçoit son ordre de marche et se dirige vers Kirec (actuellement Kiriakeika) à une soixantaine de kilomètres au Nord-Ouest de Salonique.
Le 4 mai, les artilleurs bivouaquent autour du moulin de Mihalova (actuellement  Michalistsi). A partir du 5 mai, la batterie se positionne dans le secteur de Kalinova (actuel Soultogianneika), à une vingtaine de kilomètres du lac Doïran. Elle y restera plusieurs mois. Le 16 mai, Pierre Gamin écrit une lettre à ses parents. Le jeune soldat évoque les 17 mois passés loin de chez lui et l’espoir que la guerre se termine car selon lui il n'y aura bientôt plus de Poilus ! Quelques jours plus tard, pendant une accalmie, il se fait photographier devant sa cagnât en compagnie de son camarade l'adjudant Lambert.

En juin, le Marnais reçoit la revaccination anti-typhoïdique et vaccin trivalent. Malheureusement comme beaucoup de Poilus de la campagne d'Orient, Pierre Gamin est victime du paludisme. Dès l'été 1916, les malades sont transférés à la gare de Kilindir et sont rapatriés en train avec les blessés de guerre vers Salonique.
Le 28 juillet, le jeune Marnais quitte le front d'Orient sur un bateau hôpital. Il est hospitalisé à Marseille (hôpital du Pharo) jusqu'au 2 novembre 1916. Son état de santé s'améliorant, il est transféré à l'hôpital auxiliaire N° 109 de Carentan. A partir de ce moment, il rejoint la 63e batterie du 25e RA. Cette unité qui forme les jeunes incorporés, accueille aussi les blessés et les malades après leur sortie d'hôpital ou de convalescence en attendant une nouvelle affectation. Les artilleurs malades convalescents y trouvent un emploi d'instructeur, fourrier, cuisinier ou dans des spécialités diverses. Pierre Gamin y est chargé du ravitaillement. Le temps de sa convalescence va durer jusqu'en novembre 1917.
Le dépôt des chauffeurs
Le 18 novembre, la santé du jeune Marnais s’étant nettement améliorée, il est transféré dans la 70e batterie du 83e régiment d’artillerie lourde. Il rejoint le dépôt des chauffeurs de la 70e batterie au camp du Tremblay, qui se situait près de l’actuelle ville de Tremblay-en-France dans le département de Seine-St-Denis. Le dépôt à pour mission de constituer une réserve de personnel automobiliste pour les unités à former et les renforts aux Armées. Pendant cette période, Pierre Gamin effectue divers stages. Le 27 décembre 1917, à Boulogne-sur-Seine, le jeune Marnais passe avec succès son certificat de capacité pour la conduite des véhicules militaires.
Début de l’année 1918, le dépôt des chauffeurs commence à être transféré à Briare, prés d’Orléans dans le Loiret. Un nouveau « camp du Tremblay », qui comprend l’Ecole d’instruction des tracteurs d’artillerie est recréé. Pierre Gamin fait partie de ces artilleurs qui rejoignent ce nouveau camp dans le Loiret et par la même occasion se retrouve affecté au 85e R.A. C’est dans cette région, qui fera la connaissance de sa future épouse Louise. Le 24 janvier 1918, il écrit une carte à ses parents où il donne des nouvelles de sa santé qui s’est nettement améliorée et il se félicite de n’avoir pas encore rejoint le front ! Le 9 mars 1918, Pierre Gamin épouse Louise Breton à Orléans. Il bénéficie de ce fait de sa première permission qui va durer jusqu’au 18 mars. Après cette date, il rejoint le camp du Tremblay, afin de terminer sa formation avant d’être envoyé sur le front. Le 9 avril 1918, le jeune Marnais, qui n’a encore connu aucune attaque au gaz sur le front d’Orient, effectue une série d’exercices de protection contre les gaz asphyxiants, entrainements indispensables pour chaque soldat avant de rejoindre le front.
Mi avril, 37 chauffeurs du camp du Tremblay, dont Pierre Gamin, intègrent la 21e batterie (1er groupe) du 253e R.A.C.P., sous les ordres du capitaine Lévy et des sous lieutenants Guillot et Robert. Il s’agit d’un régiment d’artillerie de campagne transformé en régiment d’artillerie portée (canons de 75 transportés sur tracteurs légers). En 1918, ce régiment fait partie de la Réserve Générale  d’Artillerie (R.G.A.) qui regroupe les moyens mis à la disposition du général en chef (prés de 40 % de l’artillerie).
Les Flandres
A peine constitué, le 253e R.A.C.P. reçoit l’ordre de mise en route vers le Nord de la France. Jusqu’ici le jeune Marnais n’avait pas encore combattu sur le sol français, c’est une première pour lui.
Après avoir parcouru plus de 400 kilomètres, en différente étapes (la Fère-Champenoise, la Ferté-Milon, Fesselles et Longuevillette), le régiment arrive le 27 avril à St Omer et cantonne à St Martin. Ensuite, il se dirige vers Westoutre en Belgique. Le 29 avril, à 3h du matin, les Allemands qui sont installés sur le Mont-Keninzel déclenchent un bombardement d’artillerie avec des obus à gaz et explosifs. Ils ont pour objectif de prendre le Mont Rouge, le Mont Vidaigne et le village de Locre.  Les artilleurs doivent impérativement porter leurs masques à gaz. Pierre Gamin, pour la première fois utilise son masque, il avait eu la chance de ne pas avoir à s’en servir sur le front d’Orient.  La mission de la 21e batterie est de soutenir la 154e D.I. qui est engagé dans une lutte défensive. Le travail des artilleurs est quotidien, de jour comme de nuit, ils doivent répondre aux tirs de harcèlement ennemi. Les efforts des Français, mettront les Allemands en échec et ils devront dés lors renoncer à leur projet de marche sur Calais et Dunkerque. La batterie subit de nombreuses pertes dont les sous-lieutenants Guillot Adrien et Robert Lucien qui sont tués le 14 mai.
En raison du degré de fatigue et des pertes subies par le 253e R.A.C.P, le commandement décide de mettre le personnel au repos. Ainsi, la 21e batterie quitte le secteur, le 2 juin à 4h45. Le 4 juin après avoir parcouru plus de 200 kilomètres, le régiment reçoit une permission de 48 heures pour se reposer et se reconstituer. Les hommes sont exténués, ils vont cantonner dans le secteur de Creil (Oise).
Secteur de Montdidier
Le  27 mai, les Allemands déclenchent la troisième grande offensive du Chemin des Dames. Leur avance est  foudroyante, en quelques heures ils s’emparent de plusieurs ponts intacts et font une percée de plus de 15 kilomètres. Le 253e R.A.C.P. est  mis à la disposition de la 10e Armée afin de tenir ce nouveau front. Le 5 juin, les artilleurs  occupent les positions d’Ailly-sur-Noye et Cantigny, à  l’Ouest de Montidier afin d’appuyer la 1er division américaine. Jusqu’au 11 juillet, ils vont renforcer leurs positions avec des travaux de constructions d’abris ou d’observatoires. Pendant cette période les hommes font des reconnaissances de position et ajustent quelques tirs bien précis sur les lignes allemandes. Le 27 juin, le jeune Marnais se blesse pendant une préparation de tir. Pierre Gamin s’étant rétabli assez rapidement de sa blessure, il rejoint son unité.
Dans la nuit du 11 au 12 juillet, le 253e R.A.C.P. déclenche un formidable bombardement afin de couvrir l’attaque de la 15e division coloniale qui a lieu au petit matin. Cette victoire permettra de faire 500 prisonniers et de reprendre la ferme d’Anchin. Trois jours plus tard, le régiment d’artillerie est mis au repos et va cantonner dans le secteur de Compiègne avant d’être rattaché à la 10e Armée et de participer à la grande offensive. Cette attaque conjointe entre les Alliés est une réussite, les Allemands sont désorganisés, plusieurs points  d’appui sont repris et des milliers de prisonniers sont faits. Le 253e R.A.C.P. est cité à l’ordre de la 1er D.I.U.S.
Champagne
Le 15 septembre, après avoir cantonné dans le secteur de Vitry-le-François, le 253e R.A.C.P. combine ses efforts avec le 222e R.A.C.  en vue d’une offensive sur un front de 70 kilomètres.  Pierre Gamin est affecté au transport des munitions par camions. L’acheminement se fait de nuit. Le soir du 25 septembre, les batteries ouvrent le feu pendant plusieurs heures. Le 26 au matin, le 70e R.I. s’élance et enlève aux Allemands la Côte 173 (Butte de Sovains) et la voie ferrée de Somme-Py. Début octobre, le 253e R.A.C.P. est retiré du front et envoyé au camp Marchand.
L’Armistice et l’après guerre
Le 15 octobre, le régiment est transféré dans l’Aisne et participe à la prise du Petit-Verly, ensuite il cantonne dans les ruines d’Essigny-le-Grand. Le 30 octobre, la 21e batterie pilonne pendant 2 heures la ferme de la Désolation au sud de Guise afin de préparer le terrain à la 47e D.I. Dans les derniers jours de la guerre, le 253e R.A.C.P. effectue quelques tirs de protection afin de faciliter le franchissement du canal de la Sambre à l’Oise par la 66e division.
C’est à Wassigny, que Pierre Gamin et les artilleurs de la 21e batterie apprennent de leurs alliés anglais la signature de l’Armistice. Comme beaucoup de soldats français, le jeune Marnais n’est pas démobilisé de suite, il reste dans son unité jusqu’en juillet 1919. Le 7 juillet, il est transféré une dernière fois dans la 64e batterie du 81e d’artillerie lourde. Le 17 août 1919, il est enfin démobilisé et va vivre avec sa femme à Orléans jusqu’en novembre 1919. Le 26 novembre, après 5 ans d’absence, il retourne à Sainte-Menehould. Le jeune Marnais reprends son métier de bourrelier qu’il continuera jusqu’à sa mort. De son union, naitront trois enfants. De son séjour en Orient, Pierre Gamin gardera des séquelles du paludisme. Ainsi, il sera réformé définitivement le 27 mai 1931 et ne participera pas à la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, il sera pompier volontaire dans sa commune allant jusqu’au grade d’aspirant. Pour sa participation à la campagne d’Orient, il sera décoré en décembre 1931 de la médaille de Serbie, de la médaille d’Orient et de la médaille Interalliée.
Pierre Gamin qui avait baroudé sur les fronts pendant la première guerre mondiale, avait parié que l’homme n’irait pas sur la lune. Il décède le 4 avril 1969, 3 mois plus tard, le 21 juillet 1969, Neil Amstrong posait le pied sur la lune.

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